lundi 16 novembre 2009

Un Mur à Berlin


Vu hier soir, avec un peu de retard le film de Patrick ROTMAN, un Mur à Berlin. Diffusé à l'occasion des 20 ans de sa chute, ce documentaire retrace donc l'histoire du mur de la honte. Le film part, pour contextualiser, de la fin de la seconde guerre, et s'achève au 9 novembre 1989.

On n'y a pas appris grand-chose. Mais c'est un film très fort. J'ai été ému de voir tous ces gens épris de Liberté qui tentent souvent le tout pour le tout. Quand on sait que jusqu'au bout, pratiquement, nos communistes ont soutenu ce régime, la RDA (dont le D signifie Démocratique !). Comment peuvent-ils se regarder dans un miroir aujourd'hui ! Justifier l'emprissonnement au nom d'un idéal à atteindre. Priver les gens de Liberté au nom de la Liberté !

Je me rappelle cette réflexion de Revel à qui l'on demandait si la chute du Mur signifiait l'échec du communisme. Il avait répondu : Mais pas du tout ! Pas la chute ! Ce qui signifie l'échec du communisme, c'était sa construction ! Comme il avait raison !

J'entends encore cette voix de radio barbelé qui annonçait aux soldats en armes, gardiens du Mur : Celui qui tire sur quelqu'un qui passe d'Allemagne en Allemagne se rend coupable d'un meutre. C'était vraiment très émouvant.

J'ai cependant plusieurs choses à redire.

L'auteur, peut-être pour ne pas faire trop scolaire, a réussi à nous expliquer plus de 40 ans d'histoire sans montrer une seule carte ! On aurait aimé quand même aimé, la ville de Berlin se situant en pleine Allemagne de l'Est, comment, physiquement, pratiquement, cela fonctionnait. Ces gens ne pouvaient pas vivre en autarcie complète...

J'ai noté aussi quelques oublis : Que l'auteur ne mentionne pas Rostropovich interprétant les Suites de Bach, passe encore (même si le symbole était plutôt grand et qu'il aurait donc pu avoir sa place), mais qu'il ne soit fait mention, nulle part, ni de Ronald Reagan, ni de Jean-Paul II, je trouve ça tout simplement incroyable. M'étonnerait qu'ils n'aient rien à voir avec la chute du Mur...

dimanche 15 novembre 2009

La Révolution s'expose à Carnavalet

Je poursuis l'exploration de la période révolutionnaire et post révolutionnaire par la très belle initiative du Musée Carnavalet : "La Révolution française, trésors cachés du musée Carnavalet".

Ce musée est celui de l'histoire de Paris, des temps les plus reculés au plus récents. J'avais déjà eu l'occasion d'aller le visiter sans me rendre compte qu'il pouvait être ma seconde maison. Cet endroit nous transporte.

Pour ne pas se disperser et rester sur ce quoi nous étions venus, nous nous sommes presque contentés de ne faire que cette expo. Presque parce que pour y accéder il faut traverser une belle salle où l'on trouve entre autre une maquette des Iles de la Cité et Saint Louis au 16ème ou 17ème siècle. Elle a été elle-même faite au 19ème siècle. C'est un bijou. On y voit les maisons sur les ponts, le parvis de Notre Dame encore bien encombré, le Palais royal et la Sainte Chapelle dont on ne reconnait pas vraiment la forme actuelle, des ponts qui ont disparu. C'est une merveille réalisée à partir des différents plans de la ville retrouvés. On resterait penché dessus des heures. Pendant ce temps, les trésors nous attendaient.

Ces trésors sont principalement constitués de dessins, gravures, eaux-fortes, et autres aquatintes présentés de façon chronologique (Chronologie rappelée de toute manière en tout début d'expo, pour se remettre les idées en place). Il y a aussi quelques objets, j'y reviens.

Le musée a sélectionné 200 œuvres sur les 25 000 qu'il possède ! Il conserve en effet la plus ancienne et la plus importante collection au monde consacrée à la Révolution française. Il faut dire que la Révolution a surtout été parisienne.

L'expo est très bien faite, on y prend beaucoup de plaisir. Beaucoup de dessins donc, parfois tout petits, tout de finesse et de précision. C'est très émouvant.

Mais cette émotion n'est rien à coté de la présentation des effets personnels de la famille royale. On y trouve, en effet, les vêtements que portait le jeune fils du roi, l'enfant du Temple, mais également une chaussure perdue par Marie-Antoinette lors de la prise des Tuileries le 10 août 1792.

Ça dure jusqu'au 3 janvier prochain, je ne peux que conseiller d'y aller.

vendredi 6 novembre 2009

Le Concert


Voilà ce qui arrive à celui qui ne fait pas les choses en temps et en heure ! Ce billet est écrit avec plus de 15 jours de retard, à cause d'une petite baisse de régime (évidemment vous n'y verrez rien puisque je triche avec les dates !!! hihihi).

J'aurais, en effet, voulu faire un papier sur le dernier film de Radu Mihaileanu Le Concert, mais je ne me souviens, malheureusement pas, de la moitié du quart de ce que j'aurai voulu coucher.

L'histoire : Sous Brejnev, Andrei Filipov était un grand chef d'orchestre et avait le privilège de diriger le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.
Un soir, alors qu'Andrei nettoie le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet invitant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris...
Soudain, Andrei a une idée de folie : il veut réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï !

En dépit de quelques scènes, j'ai beaucoup aimé ce film (Oui honnêtement, la scène de la fusillade, par exemple, on se demande encore ce qu'elle vient faire là !). On rit beaucoup, et l'histoire est très émouvante.

Elle est, de plus, portée par ce concerto pour violon de Tchaïkovski, qui est sans doute le plus beau concerto pour violon jamais écrit. Le montage est excellemment bien fait, enchainant le premier et dernier mouvement.

Les acteurs sont très bons (sauf peut-être BERLEAN, qui en fait surement trop...), et voir Paris filmé est toujours pour moi un enchantement.

J'ai appris que ce réalisateur était celui de Va, Vis, et Deviens. Un film que je n'ai pas encore vu, mais dont on m'a toujours dit le plus grand bien. Raison de plus pour pousser ma curiosité encore plus loin.

samedi 24 octobre 2009

La bibliothèque d'Umberto ECO


A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage, N'espérez pas vous débarrasser des livres, un livre d'entretien avec Jean-Claude CARRIERE, Umberto ECO donne une belle interview dans le magazine Le Point.

Il y est question, notamment, de la place du livre à l'heure de la révolution informatique. Pour ECO, c'est un non problème. Le livre, c'est comme la cuillère, le marteau, la roue ou le ciseau : on ne voit pas, une fois qu'on les a inventés, ce qu'on pourrait faire de mieux ! Et de préciser : ses pages ne seront peut-être plus en papier, mais il demeurera ce qu'il est.

Moi qui me plains, non seulement, de n'avoir pas le temps de lire tout ce que j'aimerais, mais aussi de ne pas retenir le peu que je lis, j'ai senti, plus loin, comme un message personnel : ECO rappelle que se souvenir de tout est le contraire de la Culture. Il rejoint d'ailleurs Édouard Herriot. Celui-ci ne disait-il pas que la Culture, c'est ce qui reste lorsque l'on a tout oublié ??

Entre parenthèse, j'ai toujours eu un peu de mal avec cette citation, que je n'ai compris que sur le tard... Parce que justement, oublié un cheminement, un raisonnement pour ne garder qu'une impression finale, une conclusion me semble bien maigre quand on a le souci de discuter sur le fond et convaincre.

La fin de l'interview m'a sidéré. A la question Combien de livres possédez-vous dans votre bibliothèque ? Le sémiologue répond : Environ 50 000, dont 1500 rares ou très rares.

J'aimerai être petite souris.

Pour les manger !

jeudi 22 octobre 2009

12 Hommes en colère


Vu hier soir au Théâtre de Paris, 12 hommes en colère, avec Michel LEEB dans le rôle principal. C'est une pièce qui se jouait à Paris, il y a une dizaine d'années (déjà avec LEEB) et que j'avais loupé à l'époque. J'étais donc tout excité de pouvoir la voir.

L'histoire est assez simple : les 12 membres d'un jury populaire se retirent dans la salle de délibération d'une cour d'assise, après avoir assisté, trois jours durant, au procès d'un jeune homme noir accusé d'avoir poignardé son père. Les charges semblent accablantes, tous les jurés se prononcent pour la culpabilité. Tous sauf un, le juré n°8, qui pense que tout n'est peut être pas aussi évident. Il s'emploie alors à instiller le doute dans la tête des autres jurés.

Cette pièce est une adaptation du célèbre film de Sidney Lumet tourné en 1957, dans lequel Henri Fonda incarnait le rôle du juré n°8. Je l'ai vu, et je dois dire avoir été un peu déçu. J'ai trouvé la pièce bien plus convaincante.

Il n'y a pas grand chose à redire. Le texte est formidable. Toutes les portes sont ouvertes puis minutieusement refermées, l'objection principale est évidemment que ce rôle devait revenir à l'avocat de la défense et non à un juré...
Les acteurs sont bons. LEEB est vraiment convaincant dans un rôle à contre-emploi (on est quand même bien loin de la mouche et du bourdon...). Pierre SANTINI pareil.
La mise en scène plutôt réussie. Elle parvient à faire jouer des acteurs de dos, puisque tous sont réunis autour d'une table, sans que cela ne soit gênant
Le décor n'est pas trop mal, si on met de coté ce sale bruitage de porte blindée qui s'ouvre ...

Un seul petit bémol. Cette pièce est tragique, puisque la vie d'un homme se joue. Et pourtant on rit beaucoup. C'est assez étonnant. L'intention de l'auteur est surement de faire baisser cette tension qui ne fait que monter tout au long de la pièce. Pourtant moi ça m'a un peu gêné. Je me serai bien contenté d'être ému par le discours et l'attitude du juré n°8.

samedi 17 octobre 2009

L'extrême droite maintiendra-t-elle Frédéric MITTERRAND au gouvernement ?


On ne sait, à cette heure, ce que deviendra Frédéric MITTERRAND. La probabilité qu'il reste au gouvernement est sûrement la plus forte, mais la messe n'est pas encore dite. Cette histoire ressoude en effet l'extrême droite. Le FN, qui y voit une affaire d'état, à d'ores et déjà prévu de harceler le ministre et de perturber tous ses déplacements.

Reste qu'à la lecture de cet article du dernier numéro de l'Express, qui retrace l'affaire depuis le début, on conclut que tout cet agit-prop, parce qu'émanant de l'extrême droite, lui sauvera certainement la mise.

Tout part, nous explique l'hebdomadaire, de la cellule observatoire et riposte Internet du Front National, qui récolte sur la toile tout ce qu'on y trouve de ragots et qui reçoit par mail, le 28 septembre, des passages de La Mauvaise vie.

Le Buzz se crée sur la fachosphère. Marine LE PEN, invitée sur le plateau d'Yves CALVI le 5 octobre, décide alors de passer à l'étape suivante : créer un coup médiatique. La mèche est allumée.

Le problème, c'est que cette attaque vient de l'extrême droite. Elle suscite donc une grande réserve.

Là dessus arrive Benoît HAMON, qui n'a pas lu le livre, comme au FN d'ailleurs, et qui "trouve choquant qu'un homme puisse justifier le tourisme sexuel". Sa déclaration oblige alors tous les politiques de se positionner.

Et les auteurs de l'article de poser cette question : Si cette affaire avait été révélée par une association de lutte contre le tourisme sexuel dans les pays pauvres, quel eut-été le sort du ministre ??

Personne ne pourra jamais répondre à cette question.

vendredi 16 octobre 2009

Valérie LEMERCIER Bis


On a hésité, et on s'est finalement décidé : On y retourne ! C'était la dernière fois ou jamais.

On a emmené avec nous deux couples d'amis, on était tous placé à des endroits différents. Le premier a adoré, le second n'est pas rentré dans le spectacle. Pour un tas de raisons : Un peu de fatigue, des places trop éloignées de l'artiste pour pouvoir distinguer ses expressions de visages, un son déjà médiocre pollué de surcroît par les membres du service de sécurité qui papotent bruyamment derrière les portes pare-feu...

Fallait-il voir ce spectacle deux fois de suite à un peu plus d'une semaine d'intervalle ?

Je le pense. On perd évidemment tout effet de surprise. Mais on rentre de suite dans son sketch parce qu'on sait quel personnage elle incarne, et on perçoit d'avantage de choses.

J'ai été étonné de voir d'où elle part (c'est à dire de très très loin !) pour arriver à une chute improbable.

Un de ses sketchs se déroule en trois temps. Elle incarne une bourgeoise bobo, qui aimerait vivre un peu au calme et qui descend donc voir ses voisins trop bruyants pour leur signifier la gène. Elle ne se contente pas de dénoncer le tapage : elle finit par remettre en cause leur mode de vie. C'est le fameux passage anti écolo que j'apprécie tant.

J'ai remarqué dans vos poubelles des épluchures de carottes et de poireaux. Toujours les mêmes.
Vous avez pourtant un bras, même deux !!
Au bout de vos bras vous avez bien des mains ???
A quoi ça sert des mains ??? A compter !!!

Elle ouvre alors grand sa main, en tendant le bras.

Combien j'ai de doigts ? Hein ? Combien j'ai de doigts ???
CINQ !!!
C'est quand même pas compliqué : ON VOUS A DIT CINQ SORTES DE FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR !!!!

C'est excellent !

Sur les ampoules électriques :

On ne les jette pas à la poubelle ! Il n'y a aucune poubelle pour elles. C'est quand même pas compliqué de s'en débarrasser dans l'un des trois éco-centres de la région parisienne !!

Moi j'adore ! Je trouve en effet que ces histoires de tri sélectif sont d'un ridicule absolu. J'ai bien l'impression qu'elle aussi !

lundi 12 octobre 2009

La Fayette selon Gonzague

Je termine la biographie que Gonzague SAINT BRIS a consacré à La Fayette. Gilbert de son prénom, pour ceux qui comme moi aurait été totalement incapable de le donner.

A cheval entre le 18ème et le 19ème siècle (il est né en 1757 et mort en 1834) ce type aura eu une vie extraordinaire. Il est l'un des acteurs de la Guerre d'Indépendance des États-Unis (il combat avec les insurgents), il a des responsabilité lors de la Révolution Française (il dirige la Garde Nationale), il est actif lors de la Restauration, et est un ardent partisan de Louis-Philippe. Il sera cependant l'un des principaux opposant à la Monarchie de Juillet, ne la jugeant pas assez libérale.

J'ai plutôt aimé ce livre, malgré quelques réserves.

Certains lecteurs se sont plaints arguant que l'auteur ne se limitait pas à la biographie, et avait pris prétexte de celle-ci pour raconter en fait l'histoire de France.
C'est assez vrai. Il faut, par exemple, avoir lu 45 pages pour voir apparaitre le nom de La Fayette (Il part sur Louis XV et son cadavre qui pue, on ne l'arrête plus). Mais franchement, je trouve ces digressions plutôt agréables, elles contextualisent.

Je ne sais s'il a pris a pris quelques libertés avec la vérité historique. Mais par moment, on a quand même l'impression qu'il force un le trait. Que La Fayette soit un héros d'accord, mais à ce point...
A le lire, on a un peu l'impression que si Louis XVI convoque les États Généraux, c'est grâce à La Fayette, que si le Roi et la Reine rentrent vivants à Paris le 6 octobre 1789 (« Nous ne manquerons plus de pain, nous ramenons le boulanger, la boulangère, et le petit mitron » chantent alors les manifestants qui auraient du les lyncher) c'est grâce à La Fayette, et si Louis-Philippe monte sur le trône c'est encore grâce à La Fayette.

Mais ce qui m'a le plus agacé, c'est le style de l'auteur. Pfffffffff

Cette manie qu'il a de parler de quelqu'un (ou de quelque chose) pendant des pages et des pages avant de révéler son nom... Qu'est-ce que c'est enquiquinant !
Une fois c'est drôle. La deuxième fois, on se dit : "tiens c'est marrant qu'il utilise le même procédé en moins de 20 pages". La troisième on pense que la ficelle est décidemment un peu grosse. Et à la 47ème... on a carrément envie de le pendre.

Agaçante aussi, cette façon qu'il a de nous prendre par la main : "A ce moment du récit, laissons cela de coté et examinons plutôt sur ceci".
Ça casse le fil de l'histoire. Ca nous rappelle qu'on lit un récit, alors qu'il pourrait, tout simplement, continuer à nous le faire vivre.

dimanche 11 octobre 2009

Dans la série pari stupide, je veux le Petit LU !


Soirée anniversaire hier soir au Pecq. C'est à une petite vingtaine de km de Paris. Donc ce n'est PAS à Paris. Je ne vous passe les détails du voyage : bus, métro, RER et encore plus de 10 minutes à pied, dans un village qui se croit dispensé d'indiquer les noms de ses rues ! Il nous faut donc plus d'une heure.

Mais enfin...

On y a retrouvé des amis qu'on ne voit désormais qu'épisodiquement : la distance, bien sur, mais aussi les mioches maintenant... Et on a bien rigolé en se remémorant ce concours, assez débile mais si drôle, de gobage de Flamby auquel j'avais participé et dont j'étais, finalement, sorti vainqueur !!

A propos de paris stupides, Matthieu nous sort : sur que vous n'êtes pas capables d'avaler 3 Petits LU en moins d'une minute !

Rapide calcul : 20 secondes pour avaler un si petit biscuit... Je me suis dit que c'était largement tentable. Ni une ni deux, nous voilà en cuisine à réquisitionner le dernier paquet des gamins.

Je dois dire ne pas avoir vu venir la difficulté ! C'est proprement impossible ! Ce biscuit si sec, absorbe toute votre salive et se transforme rapidement en une pâte absolument inavalable en si peu de temps...

On a essayé toutes les stratégies : un à un, les trois d'un coup... C'est impossible ! Je dirai même qu'en une minute personne n'a été capable d'en avaler deux.

Je lance donc un appel au plus téméraire : Que celui qui réussit ce pari me fasse signe au plus vite !

Je termine en précisant que, bien sur, il est interdit de boire pendant l'expérience !

jeudi 8 octobre 2009

LE merci à LEMERCIER


On sort du spectacle de Valérie LEMERCIER. Après avoir écrit ce que j'ai écrit sur les spectacles des "stars", on appréhendait un peu.

Et on avait toutes les raisons : un ami nous avait confié s'être ennuyé tout le long du spectacle et les critiques sur le net, notamment celle de Matoo, allaient plutôt dans le même sens.

Sur place, je suis placé sur un strapontin, alors qu'on a acheté des places de première catégorie. 20 minutes après le début théorique du spectacle c'est encore un beau foutoir dans la salle. Ca va, ca vient, on se lève pour laisser passer ceux qui viennent d'arriver.

Alors qu'on s'affaire encore, ni une ni deux, la voici qui débarque sur scène, sans prévenir, la traverse de façon assez étrange... Comme entrée, franchement c'est moyen. Surement parce que surprenant...

C'était donc assez mal engagé... On est sorti de l'Olympia euphorique ! Ce spectacle est tout simplement ÉNORME !

Elle enchaine une série de "sketches" dans lesquels elle incarne toutes sortes de personnages (l'attaché de presse de Moustaki, Jean-Claude heureux propriétaire d'une bastide libertine, la fille adoptive des CHIRAC, une fille de psychanalyste, une commère de village qui commente une tentative de suicide...) qu'elle incarne à merveille. C'est une comédienne hors-pair.

Ses textes sont tellement sophistiqués et travaillés qu'il nous faut quelques secondes pour se rendre compte de quoi elle parle ! Ils sont tous meilleurs les uns que les autres. Pas un n'est en dessous de l'autre ! Arrivé à une telle qualité d'écriture, mais quel talent !

C'est parfois carrément grossier, mais très drôle, et pas toujours politiquement correct. Elle tourne en dérision le discours des écolo-bobo défenseurs de la décroissance et pourfendeurs de la société de consommation qui voudraient qu'on se chauffe à 18° en mettant un pull, qu'on s'éclaire avec des ampoules de 25W, qu'on trie ses déchets dans des poubelles de couleur !! L'anti Marc JOLIVET quoi ! J'adore.

Cette femme est un génie !

Une dernière chose. Pour des raisons qui lui sont personnelles Valérie LEMERCIER refuse tout enregistrement audio ou vidéo de ses spectacles. Je suis de ceux qui pensent que c'est une forme de gachis. Mais je mets en garde ceux qui tenteraient de garder un souvenir en utilisant leur téléphone portable en mode dictaphone : ils auraient une drôle de surprise !

Bref, c'est en courant qu'il faut aller en profiter pleinement ! C'est maintenant ou jamais !